Futur(s) | Proxy émotionnel
Et si demain, les conflits étaient intermédiés par IA ?
Futur(s) est une newsletter hebdomadaire qui raconte les émergences du présent en fictions du futur. J’y partage ma veille et mes réflexions sur l’évolution de nos modes de vie. Nous sommes désormais 9 267 à imaginer les futurs ici.
L’IA est au cœur de toutes les conversations. On oscille entre fascination devant la vitesse fulgurante de ses nouveaux usages, et inquiétude face aux zones d’ombre : sur le travail, bien sûr, mais aussi sur nos comportements, nos relations et nos émotions. Par moments, j’ai l’impression de perdre le pouls de cette transition, tant elle s’emballe.
Cette technologie a le pouvoir de redéfinir nos rapports amoureux, notre manière de ressentir, et la façon dont nous interagissons les uns avec les autres. D’où cette question qui me travaille : dans un monde où l’on peut explorer sa « connaissance de soi » à l’infini avec un ChatGPT version coach, mais où l’on cherche en parallèle à fuir toute émotion inconfortable, à quoi ressemble encore le conflit ? Et surtout, comment le gère-t-on ?
Bonne lecture,
Noémie
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Prendre le temps d’explorer les liens entre prospective et design fiction
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Discutons-en ! (noemie@circa2040.com)Fiction prospective | Proxy émotionnel
Un futur possible, inspiré par le présent, ses tendances et ses signaux faibles.
Veille | Les coulisses
Les tendances et signaux faibles derrière la fiction
🔮 La polarisation des entreprises
Il commence par un apprentissage : rester à distance de deux écueils, individuels comme collectifs. Le premier, c’est rentrer ou laisser s’installer une logique d’affrontement entre des identités caricaturées (les “éco-terroristes” et les “facho”, les “wokes” et “réacs”, les “vrais gens” et “élites”, les jeunes contre les “boomers”). Dans les organisations : le siège vs le terrain, le marketing vs le produit, Gen Z vs Boomers, entreprises cyniques vs ONG/militants déconnectés etc.
Le second écueil, c’est l’exact inverse : l’évitement des frottements. On cherche à ménager tout le monde, à “ne pas faire de vagues”. On s’installe dans le consensus mou, le conflit larvé, la complaisance. Et à force d’éviter les sujets sensibles, on laisse les bulles s’épaissir et les tensions couver.
Entre ces deux impasses, il existe une troisième voie : celle de la confrontation positive.
👁️ Eviter les sentiments inconfortables
It’s becoming clear that a huge part of what generative AI offers is just helping people avoid feeling uncomfortable feelings.
Don’t want to feel the grief of losing a loved one? Here’s an app that will create a chatbot replacement for them so you can pretend they never left.
Don’t want to push through the cognitive discomfort of writing your own essay? Let AI write it.
Want a friend who will always validate your ideas and never tell you you’re fulla shit? We’ve got the perfect companion for you.
Don’t want to risk being rejected when you ask a girl out? Date this chatbot who will never tell you no.
Don’t want to go through all the mental and emotional labor of learning a new skill, building a healthy romantic partnership, or creating a work of art? GenAI has got you covered.
(Trad. Il devient évident qu’une grande partie de ce qu’offre l’IA générative consiste simplement à aider les gens à éviter les sentiments désagréables.Vous ne voulez pas ressentir le chagrin de perdre un être cher ? Voici une application qui créera un chatbot pour le remplacer, afin que vous puissiez prétendre qu’il n’est jamais parti.Vous ne voulez pas affronter le malaise cognitif lié à la rédaction de votre propre essai ? Laissez l’IA l’écrire à votre place.Vous voulez un ami qui valide toujours vos idées et ne vous dit jamais que vous racontez n’importe quoi ? Nous avons le compagnon idéal pour vous.Vous ne voulez pas risquer d’être rejeté lorsque vous invitez une fille à sortir ? Sortez avec ce chatbot qui ne vous dira jamais non.Vous ne voulez pas subir tout le travail mental et émotionnel nécessaire pour acquérir une nouvelle compétence, construire une relation amoureuse saine ou créer une œuvre d’art ? GenAI est là pour vous aider.)
👁️ Les mères qui utilisent ChatGPT pour diminuer la charge mentale de la logistique familiale
I hear ‘I’m trying to be a good wife, I’m giving it my all, and I still feel like a complete failure,’” Schmidt said. She feels like parents just don’t have enough support, and that AI isn’t just a productivity tool: it’s a permission slip to do less, so that parents can focus on fully showing up for their kids.
(Trad. J’entends souvent : « J’essaie d’être une bonne épouse, je donne tout ce que j’ai, mais j’ai toujours l’impression d’être un échec total » », explique Mme Schmidt. Elle estime que les parents ne bénéficient tout simplement pas d’un soutien suffisant et que l’IA n’est pas seulement un outil de productivité : c’est une permission de faire moins, afin que les parents puissent se consacrer pleinement à leurs enfants.)
👁️ Pourquoi 62% des travailleurs cachent leurs émotions au travail
Gen Z grew up seeing how one online mistake can damage a career. As the newest and least established group in many organizations, they worry about being labeled “difficult” if they speak up or stand out. Their comfort with social media has also made them cautious, as they know visibility comes with risk. Entering the workforce in an age of constant accountability and permanent digital footprints, many believe the cost of authenticity is too high. The irony is that the generation most celebrated for being real online is often the most guarded at work.
(Trad. La génération Z a grandi en voyant comment une seule erreur en ligne peut nuire à une carrière. En tant que groupe le plus récent et le moins établi dans de nombreuses organisations, ses membres craignent d’être qualifiés de « difficiles » s’ils s’expriment ou se démarquent. Leur aisance avec les réseaux sociaux les rend également prudents, car ils savent que la visibilité comporte des risques. Entrant sur le marché du travail à une époque où la responsabilité est constante et où les empreintes numériques sont permanentes, beaucoup estiment que le prix de l’authenticité est trop élevé. L’ironie est que la génération la plus célébrée pour son authenticité en ligne est souvent la plus prudente au travail.)
👁️ Adoucir ses mails professionnels avec l’IA
I had never used any other part of goblin.tools before. Created by Bram De Buyser, a freelance software engineer, the AI tool is a “collection of small, simple, single-task tools designed to help neurodivergent people with tasks they find overwhelming or difficult.” Like writing emails. […]
I skimmed over the first couple on the list, scanning for what would best suit what I needed. “More professional.” “More polite.” “Less snarky.” Next to it, a button with three chili pepper emojis opened to a “spiciness level,” which allows you to choose how strongly you want your language to come across.
(Trad. Je n’avais jamais utilisé aucune autre fonctionnalité de goblin.tools auparavant. Créé par Bram De Buyser, ingénieur logiciel indépendant, cet outil d’IA est une « collection de petits outils simples et monotâches conçus pour aider les personnes neurodivergentes à accomplir des tâches qu’elles trouvent trop difficiles ou trop lourdes ». Comme rédiger des e-mails. […]J’ai parcouru les premiers éléments de la liste, à la recherche de celui qui correspondait le mieux à mes besoins. « Plus professionnel ». « Plus poli ». « Moins sarcastique ». À côté, un bouton avec trois emojis représentant des piments ouvrait un « niveau de piquant », qui permet de choisir l’intensité avec laquelle on souhaite que son langage soit perçu.)
😲 Les jeunes et la surveillance
This fall I’m teaching a college class on privacy and surveillance, and a few weeks ago I polled around 70 students about whether they use location trackers with family or friends. The majority said they do. During the discussion that followed, some of my students expressed surprise when I disclosed that I don’t track my sons’ locations. Others argued that I should start. “What happens if one of them doesn’t come home and it’s late?” one young woman asked. “Then I would worry,” I said. She did not seem satisfied by this answer.
(Trad. Cet automne, j’enseigne un cours universitaire sur la vie privée et la surveillance, et il y a quelques semaines, j’ai interrogé environ 70 étudiants pour savoir s’ils utilisaient des traceurs de localisation avec leur famille ou leurs amis. La majorité a répondu par l’affirmative. Au cours de la discussion qui a suivi, certains de mes étudiants ont exprimé leur surprise lorsque j’ai révélé que je ne suivais pas les déplacements de mes fils. D’autres ont estimé que je devrais commencer à le faire. « Que se passe-t-il si l’un d’eux ne rentre pas à la maison et qu’il est tard ? », m’a demandé une jeune femme. « Je m’inquiéterais », ai-je répondu. Elle n’a pas semblé satisfaite de cette réponse.)
NB : Dans cette newsletter, j’utilise souvent Midjourney pour les visuels, DeepL pour la traduction et ChatGPT pour l’édito
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