Futur(s) | Gérer l'inévitable
Le changement climatique avance plus vite que nos imaginaires : 5 signaux faibles de l'adaptation qui vient, sélectionnés par Clément Jeanneau
Futur(s) est une newsletter hebdomadaire qui raconte les émergences du présent en fictions du futur. J’y partage ma veille et mes réflexions sur l’évolution de nos modes de vie. Nous sommes désormais 9 547 à imaginer les futurs ici.
La semaine dernière, nous avons publié avec Cécile Poignant notre étude sur la culture de la préparation, disponible en accès libre. L’idée clé que nous en avons retenue : le changement climatique avance plus vite que nos imaginaires.
Pour prolonger cette réflexion, nous organisons un webinaire de présentation de l’étude, en présence de Clément Jeanneau, co-auteur de “Gérer l’inévitable : repères face à la dérive climatique”, qui a écrit également l’excellente newsletter What if sur les signaux faibles géopolitiques. Nous vous attendons nombreux à cette occasion !
Clément a accepté de nous livrer pour cette édition de la newsletter 5 signaux faibles qu’il n’a pas pu publier dans son livre - pas par manque d’intérêt mais par manque de place. De quoi nous donner envie de poursuivre les échanges le 30 mars avec lui ! Merci à lui pour ce partage passionnant, qui éclaire d'une lumière nouvelle les réalités de l'adaptation à venir.
Bonne lecture,
Noémie Aubron
Webinaire | 30 mars 2026
L’adaptation qui vient | 5 signaux faibles
Par Clément Jeanneau
1. Au Portugal, la prise de conscience soudaine de la fragilité des routes face au dérèglement climatique. En France, celle-ci se fait encore attendre.
Le 12 février dernier, on pouvait lire ceci dans un article du Monde : « Le gouvernement portugais a ordonné une évaluation des principales infrastructures routières et ferroviaires après les tempêtes successives ayant frappé le pays, qui ont provoqué mercredi l’effondrement partiel d’un tronçon sur la principale autoroute du pays reliant Lisbonne à Porto.
Le Portugal est frappé depuis plus de deux semaines par des précipitations exceptionnelles, après des intempéries meurtrières ayant causé d’importants dégâts.
La péninsule ibérique est en première ligne du dérèglement climatique en Europe. « Rien que ces deux jours, les précipitations équivalent à 20 % de la moyenne des précipitations du Portugal pour une année entière » a souligné la ministre de l’environnement. »
Et en France ? Lors d’un webinaire récent, organisé par la startup Callendar, Pierre Monlucq, président de la Commission Prospective de Routes de France, indiquait ce chiffre frappant : « Sur les 1.1 million de km de routes (sans compter les chemins ruraux) que compte la France, il y a 700 000 km dont on ne connait pas l’état. Plus de la moitié de notre patrimoine routier n’est pas diagnostiqué ».
Selon lui, cette situation est probablement « plus due à la peur du résultat qu’à la peur d’engager de la dépense - c’est en tout cas mon sentiment. Il y a des signes avant coureurs qui permettraient de dépenser beaucoup moins si on s’y prenait sans attendre. »
Il explique : « Il y a encore peu le réflexe de l’entretien préventif des routes. C’est vraiment une question de priorisation. Depuis longtemps on fait de l’entretien curatif, après coup, alors qu’on aurait pu refaire seulement une partie de la route en agissant en préventif. L’entretien préventif n’est pas priorisé aujourd’hui dans les budgets. »
2. L’interdiction de construction en raison du risque de manque d’eau : un début de mouvement qui devrait s’amplifier.
5 exemples ici (sites industriels, datacenters, habitations, piscines...) :
1/ Le tribunal de Dijon a considéré en novembre 2025 qu’un maire peut refuser la construction d’un mégapoulailler en raison des prévisions de baisse de la ressource en eau sur son territoire.
Commentaire d’Arnaud Gossement, avocat spécialisé en droit de l’environnement : « C’est inédit. Pour la première fois, le juge considère qu’il n’est pas seulement important de regarder les données hydriques actuelles, mais qu’il faut aussi prendre en compte les projections futures au regard du changement climatique. ». (Source et précisions : Reporterre).
2/ Le groupe agroalimentaire breton Le Duff a annoncé en mai 2023 renoncer à son projet d’usine de boulangerie à Liffré, à proximité de Rennes. Les recours en justice ont eu raison de sa construction. Ses opposants dénonçaient la trop grande consommation en eau potable d’une telle infrastructure, en particulier en période de sécheresse, et rejetaient l’argument de la création d’emplois sur un territoire déjà en plein emploi, qui peine à recruter dans le secteur. (Source et précisions : Novethic).
3/ En janvier 2025, Lleida est devenue la première ville espagnole à interdire les centres de données. La municipalité a déclaré que ces derniers ne créent pas suffisamment d’emplois qualifiés et consomment trop d’énergie et d’eau. Ailleurs en Espagne, le projet de Meta de construire un centre de données de 1,1 milliard de dollars dans la région de Tolède a suscité de vives critiques. L’installation devrait consommer plus de 600 millions de litres d’eau dans une zone menacée par la sécheresse. (Source)
4/ Face à la sécheresse et à la raréfaction des ressources en eau, certaines communes interdisent la construction de nouvelles piscines individuelles. C’est le cas pour neuf communes du Var qui ont choisi de geler les permis, au moins jusqu’en 2028.
Mais les restrictions ne se limitent pas au sud de la France : en 2025, Rennes est devenue “la première ville française à limiter drastiquement la taille des piscines privées” (source). La Bretagne fait en effet désormais face à des épisodes de sécheresse plus fréquents, alors qu’elle est bien plus vulnérable que le reste du pays sur la ressource en eau, pour des raisons géologiques, comme nous l’expliquons dans notre livre (dans le chapitre “Se méfier de l’idée de refuges climatiques”).
Au-delà de la seule ville, c’est toute la métropole de Rennes, et ses 42 communes, qui ont banni la construction de piscines privées excédant 25 m³ (environ 6 mètres par 3 mètres). La métropole impose désormais aussi un système de couverture pour limiter l’évaporation, et un dispositif de récupération d’eau de pluie avec filtration pour la remise à niveau en eau.
Les fabricants et installateurs ont manifesté leur mécontentement : « C’est une décision politique, pas écologique. Notre profession est responsable et elle essaie d’avoir le plus petit impact environnemental possible ». (Source)
D’après les estimations, la métropole rennaise compte entre 2 000 et 3 000 piscines privées, et la moitié des projets en cours concernait des piscines supérieures à la capacité désormais maximale autorisée.
5/ Comment accueillir de nouveaux habitants quand une commune manque d’eau ? Neuf communes du Var (les mêmes que celles mentionnées plus haut), sur lesquelles vivent près de 30 000 personnes, ont décidé en 2023 de geler toutes les demandes de permis de construire pour les cinq prochaines années. La décision a été prise après de nombreuses restrictions d’eau suite à de fortes sécheresses.
« Aujourd’hui, on a déjà du mal à assurer l’approvisionnement en eau de ceux qui sont déjà là. Laisser s’installer de nouveaux habitants, démultiplier l’urbanisation, ce ne serait ni audible, ni responsable », explique l’un des maires. (Source)
De même, en 2024, après deux années de sécheresse historique, la préfecture des Alpes-Maritimes a décidé d’empêcher les maires d’accorder de nouveaux permis de construire si un risque de pénurie d’eau est avéré. Concrètement, l’État rend désormais systématiquement son avis sur les projets d’urbanisme des communes ; pour obtenir un permis de construire dans les Alpes-Maritimes, il faut désormais donner la preuve que l’on dispose d’un accès à l’eau permanent. (Source)
A noter que le Conseil d’Etat a confirmé en décembre 2025 que l’insuffisance de la ressource en eau peut justifier le refus d’un permis de construire, pour une raison de salubrité publique.
3. Vers une chute de la rentabilité des terres agricoles françaises ?
Extraits d’un article de Ouest-France (02/01/2026) :
« Là où les exercices de prospective agricole s’intéressent le plus souvent à la macroéconomie (productions, rendements, usages de terres…), quatre groupes français du secteur agricole (Crédit agricole, InVivo, Sofiproteol et Unigrains) ont réalisé un travail inédit de microéconomie : modéliser les évolutions du climat, de la démographie agricole (poursuite de la tendance actuelle), et d’une partie des coûts de production, et appliquer leurs effets à des exploitations archétypales de la ferme France (exclusivement en agriculture conventionnelle).
Résultat : à + 2,3 °C, les rentabilités des terres (l’excédent brut d’exploitation par hectare, EBE/ha) chutent si les pratiques n’évoluent pas. Cette rentabilité baisserait de 21 % dans les systèmes de grandes cultures industrielles du nord de la France, actuellement les plus rentables. Mais c’est bien pire pour les grandes cultures du Grand Est (-72 %), ou dans les grandes cultures du Sud irriguées (-68 %), où il frôlera le négatif.
Le tableau est moins noir à l’échelle de l’exploitation, dont la taille moyenne va grandir. Mais quatre systèmes sur neuf voient tout de même leur rentabilité reculer, et l’avenir promet de creuser les écarts existants en grandes cultures.
(…) Sans actions ambitieuses, 90 % des principales productions agricoles perdront en rendement et rentabilité à horizon 2050. Les auteurs estiment à 4 milliards d’euros par an la perte de rentabilité en année moyenne et 7 milliards en année extrême.
Les auteurs proposent des leviers d’adaptation (diversification des cultures, nouvelles pratiques culturales dont agriculture régénératrice, photovoltaïque sur les bâtiments…) qui permettraient, selon eux, un maintien, voire une amélioration de la rentabilité à 2050. Mais ces schémas butent rapidement sur la capacité d’endettement des exploitations, face à laquelle les auteurs appellent à une mobilisation des filières et de l’État.
Face à ces perspectives, un constat s’impose : la France, très conservatrice en matière de politique agricole, échappera difficilement à une refonte de la géographie des soutiens publics à l’aune du changement climatique. »
(Pour compléter, il n’est pas utile de rappeler qu’il y a des limites à l’adaptation, comme le rappelait récemment l’ingénieur agronome Serge Zaka au micro de La Terre au carré : « Quand vous regardez le rapport France + 4 °C, on atteindra entre 45 et 50 °C dans plusieurs régions françaises. Je ne connais pas de race de vache laitière ou d’arbre (en France) qui résiste à 50 °C. Il y a des limites biologiques à l’adaptation. Souvent on dit aux agriculteurs “vous allez vous adapter, vous allez mettre des arbres, travailler sur un sol plus vivant, parfois mettre de l’irrigation…Mais 50 °C, même une seule journée, ça peut tuer un végétal. C’est comme pour le gel : en 2021 on a perdu une grosse partie de certaines productions en seulement trois jours d’épisode de gel. On avait l’habitude de connaître des stress thermiques bas en France (le gel), mais on n’a pas encore l’habitude de stress thermiques hauts. On est pourtant très vulnérables. Il suffit d’une journée pour que cela grille des parcelles. La meilleure façon d’adapter notre agriculture, c’est de limiter les émissions. »)
4. Verra-t-on l’émergence de Gilets jaunes de l’eau ?
C’est la question que posait Manon Loisel, consultante-chercheuse en politiques publiques territoriales, en décembre 2022 dans une tribune dans Alternatives Economiques. Cette année-là, la France connut une sécheresse exceptionnelle, probablement la plus sévère depuis au moins un demi-siècle.
Ce texte, dans lequel Manon Loisel écrivait que « trois sujets pourraient faire émerger des « gilets jaunes de l’eau » », conserve sa pertinence aujourd’hui. En voici une synthèse à partir de morceaux choisis.
« Première source possible de conflits : la vulnérabilité des personnes qui conjuguent petits moyens financiers et grands besoins en eau, dans un contexte probable de future hausse des prix.
Les gilets jaunes nous ont appris que pour toute nouvelle taxe, nouvel impôt, nouvelle règlementation, il est nécessaire de prendre en compte la variété des situations sociales des personnes touchées en intégrant leurs contraintes du quotidien.La taxe carbone a mis les gilets jaunes en difficulté sur le plan budgétaire sans proposer de solution à leur dépendance à la voiture au quotidien. (…) C’est la même chose avec l’eau : les tarifs vont sans doute être amenés à augmenter. Toutes les collectivités voient leurs coûts de fonctionnement exploser. (…) A terme, il est difficile d’exclure le scénario d’une hausse des tarifs pour l’usager.
Or nous ne sommes pas tous égaux face aux besoins. Certains usagers cumulent petits moyens et grandes contraintes d’usages : personnes assignées à résidence (notamment les plus âgées) qui restent dans leur logement en période de canicule, personnes dont les logements sont mal isolés été comme hiver (pour qui la douche chaude ou froide devient un besoin vital), personnes qui vivent dans des quartiers denses mal pourvus en espaces verts, familles nombreuses modestes, personnes atteintes de troubles physiques ou psychiques pour qui l’eau est un moyen d’apaiser la douleur, etc.
(…) La réflexion sur l’évolution des modèles de tarification ne pourra pas se limiter à la réflexion sur la tarification sociale indexée sur les revenus. Il faudra prendre en compte les vulnérabilités multiples des habitants pour ne pas créer une bombe à retardement sociale.
Deuxième sujet de conflits : les inégalités d’accès au rafraîchissement. Elles deviennent en effet un terrain de bataille entre citoyens à mesure que les températures augmentent.
L’été 2022 l’a confirmé. A Limoges, à Saint-Germain-en-Laye, ou près de Toulouse, des militants se sont introduits dans des golfs pour en boucher les trous afin de protester contre l’arrosage des parcours en période de sécheresse. Ailleurs, de nombreuses critiques à l’encontre des propriétaires de piscines privées ont été formulées (alors que la demande de piscines neuves n’a jamais été aussi forte).
Ces évènements soulignent deux phénomènes : d’abord, à mesure que les températures augmentent l’été, l’accès à l’eau-rafraîchissement passe d’une question de confort à un enjeu vital ; ensuite, les tensions relatives aux usages « légitimes » de l’eau s’accentuent entre les citoyens.
Pour les élus locaux, la question est loin d’être anecdotique et pose un double défi.
Il leur faudra, d’une part, faire en sorte qu’aucun territoire ne soit laissé-pour-compte. Dans beaucoup de métropoles, les habitants des quartiers populaires ont peu accès à de l’eau pour se rafraîchir en période de canicule. La multiplication des pratiques de « street-pooling » (ouverture illégale des bouches d’incendies) cet été (2022) dans de nombreux quartiers populaires de Lyon, Grenoble ou Rennes en est la preuve.
D’autre part, il s’agira à l’échelle locale de proposer des espaces de dialogue pour permettre de débattre collectivement des usages jugés (il)légitimes de l’eau en période de tension sur la ressource.
Troisième problème : la difficulté d’aborder le partage de la ressource, notamment avec les agriculteurs. Dans l’actualité, la responsabilité des agriculteurs émerge de plus en plus. Mais dans beaucoup d’autres territoires, la responsabilité des agriculteurs est un impensé (les habitants connaissent mal les ordres de grandeur de la consommation d’eau, les métropolitains connaissent mal les interdépendances avec les territoires voisins) ou un sujet tabou (les habitants refusent en bloc de pointer les agriculteurs du doigt de peur de les stigmatiser).
(…) Le stress hydrique va continuer de produire des tensions sociales dans les années à venir. Nous ne pouvons plus nous permettre d’y réfléchir uniquement pendant les périodes de sécheresse sur le registre de la gestion de crise. Il faut changer notre rapport à la ressource en eau pour faire de sa raréfaction une problématique
(…) Les collectivités locales pourraient entreprendre un travail pour mieux comprendre la consommation d’eau des agriculteurs locaux, en s’appuyant sur la notion de rendement. De quoi distinguer grosse consommation d’eau et gros gâchis. Un mètre cube d’eau finance la production de 1 euro de maïs et de 15 euros de produits du maraîchage.
Sur la base de cette meilleure compréhension des pratiques agricoles locales, les collectivités pourraient organiser des délibérations collectives sur les règles de partage de l’eau, sur le mode d’une COP locale par exemple. Cela permettrait de mieux comprendre les interdépendances entre les territoires et de définir des objectifs communs (mais différenciés) entre tous les acteurs : quels sont les efforts à faire par les agriculteurs ? Par les acteurs industriels (dont l’industrie touristique) ? Par les acteurs publics ? Et par les habitants ? »
5. L’apprentissage de la nage au plus grand nombre, un nouvel enjeu d’adaptation
L’augmentation des noyades est un effet collatéral des vagues de chaleur.
Y faire face passe notamment par renforcer les moyens de surveillance et de secours mais aussi et d’abord par la prévention. En particulier, l’apprentissage de la nage au plus grand nombre pourrait devenir un véritable enjeu d’adaptation au changement climatique, qui se présente plus tôt qu’on ne le pense, à combiner avec d’autres mesures. Santé publique France estime que 15 % à 20 % de Français ne savent pas nager.
L’enjeu n’est pas marginal : les noyades tuent environ un millier de personnes par an. Chez les moins de 25 ans, elles sont même la première cause de mortalité par accident de la vie courante.
A noter deux points :
1/ Le sujet est loin de concerner seulement les plages : Le Monde indique que « 15 % des accidents de noyage ont lieu dans les plans d’eau comme les étangs ou les lacs, et près d’1/3 dans les cours d’eau. Ces lieux, qui attirent particulièrement les adolescents, nombreux à sauter dans des fleuves et rivières, sont à l’origine de plus de la moitié des morts par noyade chez des mineurs. Santé publique France alerte d’ailleurs sur la très forte hausse du nombre des accidents mortels de mineurs dans les cours d’eau : 15 sur la première moitié de l’été 2025, contre 4 en 2024. »
2/ « La majorité des nageurs a appris à nager en piscine, mais se débrouiller dans un bassin, ce n’est pas évoluer dans une rivière ou dans l’océan », rappelle dans Le Monde Axel Lamotte, porte-parole de la Fédération française des maîtres-nageurs sauveteurs.
Or les contextes sont nombreux dans lesquels un malaise ou une crampe peuvent virer au drame : la profondeur subite d’un lac qui fait perdre pied, les courants de baïnes, la hauteur et la vitesse des marées des façades maritimes du Nord, la présence de méduses sur les côtes méditerranéennes, le débit des cours d’eau et leurs berges souvent impraticables… « Une noyade est toujours rapide et silencieuse », souligne Axel Lamotte.
Un exemple concret d’adaptation : l’extension des actions de vigilance hors été
Dans les Landes, les autorités locales constatent depuis 2020 un afflux croissant de touristes hors période estivale. Or l’été était la seule période durant laquelle était jusqu’alors prévue la surveillance des plages. Les communes du littoral ont annoncé en août 2025 la mise en place d’un dispositif de veille à l’année, une initiative « inédite en France et en Europe ». 24 nageurs sauveteurs seront affectés à ce dispositif de vigilance, et interviendront par ailleurs, y compris en milieu scolaire, pour « acculturer les populations à la lecture de l’océan ».
Notons toutefois que les besoins supplémentaires de surveillance et de prévention se heurtent à des tensions sur les moyens financiers et les effectifs de professionnels, comme l’explique Le Monde. Les communes, chargées d’assurer la surveillance des 3 300 lieux de baignade du pays, recourent de plus en plus à des maîtres-nageurs sauveteurs civils. Or, selon les fédérations professionnelles, il en manquerait 5 000 en France, sur un total de 20 000 personnes exerçant ce métier.
En conséquence, certaines communes ont des difficultés à maintenir ouverts tous les sites de baignades sécurisés (dont des piscines publiques) ou à en ouvrir de nouveaux. Le ministère des sports considère cette pénurie comme « un sujet majeur de sécurité publique ». Lutter contre la pénurie de maîtres-nageurs sauveteurs s’annonce donc là aussi comme un enjeu d’adaptation au changement climatique.
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Très intéressant. Merci pour cette édition.