Futur(s) | Changements de perspectives (bis)
7 regards pour ouvrir 2026 avec des perspectives nouvelles
Futur(s) est une newsletter hebdomadaire qui raconte les Ă©mergences du prĂ©sent en fictions du futur. Jây partage ma veille et mes rĂ©flexions sur lâĂ©volution de nos modes de vie. Nous sommes dĂ©sormais 9 312 Ă imaginer les futurs ici.
LâĂ©dition de la semaine derniĂšre explorait 7 questions pour changer de perspective sur ses futurs. Cette semaine, jâai retournĂ© la focale : jâai posĂ© la mĂȘme question Ă 7 personnes diffĂ©rentes : quâest-ce qui vous interpelle pour 2026 ? Sur quoi votre regard de prospectiviste ou de dĂ©crypteur de lâĂ©poque se porte-t-il en ce moment ?
Voici donc une édition collaborative, là pour nous ouvrir le regard et nous questionner sur nos angles morts. Je remercie chaleureusement chaque contributeur pour la générosité de ses partages.
Et vous, quâest-ce qui vous interpelle pour 2026 ?
Bonne lecture,
Noémie
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Prendre le temps dâexplorer les liens entre prospective et design fiction
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đ Passer de la veille Ă la pensĂ©e prospective
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Discutons-en ! (noemie@circa2040.com)Changements de perspective (bis)
7 regards pour envisager 2026
đȘ§Adblockers conversationnels
Par Antoine Mestrallet. Il est cofondateur dâhĂ©rĂ©tique, une organisation qui pense, créé et transmet des numĂ©riques alternatifs au dogme de la Silicon Valley. Il enseigne Ă Sciences Po et Ă lâENSCI sur les idĂ©ologies du numĂ©rique et la possibilitĂ© de sâen affranchir.
En 2026, les publicitĂ©s devraient faire leur apparition dans ChatGPT. La version bĂȘta de ChatGPT sur Android inclue dĂ©jĂ des termes explicites en vue dâintĂ©grer du contenu sponsorisĂ©.
La diversification publicitaire du modĂšle dâaffaires est une nĂ©cessitĂ© tant le gĂ©nĂ©rateur de tokens, accessible gratuitement, est aujourdâhui avant tout un gĂ©nĂ©rateur de pertes abyssales.
Cela ressemble Ă un cauchemar pour beaucoup : les utilisateurs ont pris lâhabitude de confier des donnĂ©es intimes Ă la machine de Sam Altman, et rien ne dit que les contenus sponsorisĂ©s seront affichĂ©s distinctement. Google a montrĂ© la voie en effaçant progressivement la frontiĂšre entre rĂ©sultats sponsorisĂ©s et organiques.
Et si, au lieu de subir cette publicitĂ©, nous avions lâopportunitĂ© de la façonner en imaginant des adblockers conversationnels ? Aujourdâhui, je peux dĂ©jà « interdire » Ă un chatbot de mentionner une marque, par exemple SHEIN. Demain, pourrais-je forcer lâalgorithme Ă afficher uniquement des produits certifiĂ©s ne pas avoir Ă©tĂ© fabriquĂ©s par des esclaves ? Ă ne proposer que des rĂ©sultats issus dâentreprises engagĂ©es contre le rĂ©chauffement climatique ? Ă bannir les entreprises dĂ©tenues par des milliardaires infĂ©odĂ©s Ă Trump ? Ă exclure les monopoles comme les aliments ultra-transformĂ©s ?
Les algorithmes de recommandation et de ciblage de Google, Meta et consorts, qui façonnent notre expĂ©rience numĂ©rique contemporaine sont opaques pour lâutilisateur. Ils sont personnalisĂ©s, jamais personnels. Ă lâinverse, la finesse et facilitĂ© de paramĂ©trage des chatbots pourrait ĂȘtre retournĂ©e contre le modĂšle publicitaire dominant. 2026 verrait ainsi naĂźtre une cancel culture publicitaire, nourrie de biais algorithmiques choisis plutĂŽt que subis, et dâadblockers conversationnels prĂȘts Ă lâemploi. Avec Ă©videmment de nouveaux questionnements sur les bulles de filtre, la subjectivitĂ© des critĂšres et le dĂ©salignement avec les concepteurs des outils qui, comme pour les adblocks classiques, tenteront de refermer la brĂšche. Nouveau chat, nouvelle souris.
đ§ Les interfaces cerveau-machine (ICM)
Par Agathe Acchiardo. Elle est fondatrice de Think Next, un cabinet de conseil en prospective stratĂ©gique et innovation, spĂ©cialisĂ© dans la dĂ©tection de nouvelles tendances et lâĂ©mergence de nouvelles ruptures dans le domaine de la santĂ©.
Plusieurs signaux sont apparus cette annĂ©e autour dâun mĂȘme thĂšme : les interfaces cerveau-machine (ICM). Avec les implants Neuralink dĂ©sormais en essais cliniques sur des patients paralysĂ©s, les ICM ne relĂšvent plus de la science-fiction, mais de la science en action.
Lors dâun panel recent de haut niveau consacrĂ© aux ICM - incluant notamment un prix Nobel, du trĂšs haut niveau scientifique, donc - deux registres de discours se sont entremĂȘlĂ©s sans ĂȘtre explicitement identifiĂ©s et distinguĂ©s, crĂ©ant un certain flou analytique.
Dâune part, le message rassurant (lĂ©nifiant ?) : « Quelle opportunitĂ© fantastique pour les patients! ». Oui, les ICM peuvent offrir des merveilleuses avancĂ©es pour les personnes en situation de handicap. Et qui serait contre ?
Et en mĂȘme temps, ont Ă©tĂ© entendues des prĂ©dictions, pas forcĂ©ment fantaisistes, du type : « Dans 30 ans, tout le monde aura une ICM, ce sera comme avoir un smartphone. »
Ce contraste nâest pas anodin. Les investissements colossaux dans ces technologies ne se justifient pas seulement par la taille du marchĂ© du handicap : la vĂ©ritable promesse commerciale, ce sont les applications grand public.
Ainsi, une ambiguĂŻtĂ© persiste : les ICM seraient-elles seulement pour les patients, avec des indications mĂ©dicales spĂ©cifiques et encadrĂ©es, ou pour vous, pour moi, pour tout le monde? Lâabsence de clarification, et surtout, la facilitĂ© avec laquelle cette ambiguĂŻtĂ© est acceptĂ©e, constituent un point dâattention majeur. Ă surveiller en 2026âŠ
đȘVers un retour de la Guerre Froide ?
Par Cyriaque Foucart. Il est lâauteur de la newsletter A l'Aube du Futur - AADF. Il utilise les signaux faibles pour questionner lâavenir, identifier les forces de changement d prĂ©sent, et anticiper le monde de demain.
Le 1 er dĂ©cembre, la Russie et lâArabie Saoudite signent un accord dâexemption rĂ©ciproque permettant Ă leurs ressortissants de voyager sans visa entre les deux pays. Un approfondissement des relations bilatĂ©rales entre les deux Etats qui illustre un mouvement plus large de rassemblement des puissances rivales de lâOccident autour des pays sous sanctions europĂ©ennes et amĂ©ricaines â principalement la Russie et la Chine. On pourrait Ă©galement citer lâinfluence technologique de la Chine dans le monde en dĂ©veloppement ou la posture de lâInde, qui servait jusquâau mois de novembre de proxy pour exporter le pĂ©trole russe malgrĂ© les sanctions occidentales.
Nous sommes encore loin de lâarchitecture en blocs qui a marquĂ© les relations internationales dans la deuxiĂšme moitiĂ© du XXĂšme siĂšcle. De nombreuses entreprises ont une empreinte mondiale, nous sommes liĂ©s par des dĂ©pendances communes (Internet, les dettes souverainesâŠ), et les Etats prĂ©cĂ©demment citĂ©s entretiennent, Ă lâexception de la Russie, des relations diplomatiques actives avec les Etats occidentaux. La France en est dâailleurs un rouage essentiel, par ses collaborations bilatĂ©rales avec des Etats comme lâArabie Saoudite, lâInde ou lâIndonĂ©sie.
Attention toutefois Ă la tournure que prendra cette tendance. Alors que les liens entre les puissances dite antagonistes de lâoccident se renforcent, les piliers qui furent un temps au cĆur de lâinfluence amĂ©ricano-centrĂ©e (prospĂ©ritĂ© Ă©conomique, libre Ă©change) sâaffaiblissent. Le retour du protectionnisme conduit mĂȘme Ă des comportements franchement hostiles entre des puissances censĂ©es ĂȘtre alliĂ©es. Lâadministration Trump a Ă©tĂ© jusquâĂ forcer le Royaume-Uni Ă augmenter le prix des mĂ©dicaments les plus innovants sur son propre territoire.
đ Lâindustrie et le vivant
Par LĂ©a Brosseau. SpĂ©cialisĂ©e dans les mĂ©thodes de sciences humaines et du design, LĂ©a mĂšne des projets dâinnovation en cohĂ©rence avec les enjeux environnementaux, sociĂ©taux et technologiques de demain au sein de lâagence de design Pixelis. Elle est Ă©galement membre du collectif Speculative Future Paris, et enseignante en design fiction Ă lâENSCI.
En 2026, je pense que « lâindustrie » en tant que champ de pensĂ©e et dâaction, lieu dâintĂ©rĂȘt et laboratoire dâexpĂ©rimentation deviendra un signal fort. Ces derniĂšres annĂ©es, on a beaucoup parlĂ© de « dĂ©sindustrialisation », de lieux de production dont on perçoit de moins en moins les contours, pris dans une mondialisation galopante et une crise Ă©conomique qui frappe de plein fouet de nombreuses entreprises. Pourtant, revaloriser les lieux de production au sein de leur territoire est une opportunitĂ© tout autant quâune nĂ©cessitĂ©.
Principalement parce quâils ne sont pas immuables : parfois prĂ©sents dans des bassins Ă©conomiques depuis des dizaines dâannĂ©es, employant des habitants de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration, de nombreux sites sont aujourdâhui soumis aux risques climatiques (cyclones, inondations, chaleur extrĂȘme) tout autant quâaux risques Ă©conomiques. Pour faire face Ă ces risques, le vivant a de nombreuses rĂ©ponses, qui restent largement ignorĂ©es, la faute au temps long : le retour sur investissement dâune haie, dâune mare, dâun sol vivant ne se mesure pas sur trois ans mais sur une gĂ©nĂ©ration, et ne se compte pas en dividendes mais plutĂŽt en coĂ»ts dĂ»s aux risques climatiques Ă©vitĂ©s.
Câest en visitant les Usines de Pocheco, 10 ans aprĂšs leur apparition dans le film « DEMAIN » de Cyril Dion, que cette rĂ©flexion sâest imposĂ©e : câĂ©tait il y a 10 ans et tout Ă©tait dĂ©jĂ lĂ . Que nous manque-t-il pour enclencher cette adaptation ? En 2026, je regarderai avec attention dans quelle mesure les notions de âvulnĂ©rabilitĂ© industrielleâ et âde santĂ© communeâ deviennent les nouveaux marqueurs de sites de production en transformation, plus connectĂ©s au vivant, aux acteurs de leurs territoires, tout en Ă©tant plus rĂ©silient face aux Ă©volutions conjointes des modes de travail, du climat et de la volatilitĂ© Ă©conomique.
đłïž LĂ oĂč se fissure lâĂ©vidence du modĂšle unique
Par Maxime de Beauchesne. Maxime explore ce que signifie âagir avec courageâ Ă travers un triptyque : expliciter les pĂ©rils, questionner les fatalismes et ouvrir les possibles. Pour cela, il accompagne des entreprises et dirigeants sur la raison dâĂȘtre et la prospective. Il sâinvestit Ă©galement dans la Convention des Entreprises pour le Climat et partage ses rĂ©flexions sur LinkedIn et dans sa newsletter.
Ces derniers mois, jâai vu surgir des signaux qui mâont fait du bien, depuis des endroits inattendus. Le SĂ©nat, avec un rapport qui questionne la croissance et les valeurs qui pilotent notre Ă©conomie. Une Ă©cole de commerce, lâEM Lyon, qui ouvre lâInstitut Alternative Futures, et ce mĂšme dâun prof qui lâannonce en faisant dire Ă Margaret Thatcher quâil existe bel et bien des alternatives. Et (peut ĂȘtre mon prĂ©fĂ©rĂ©) cette entreprise, Cascade, qui permet Ă des activitĂ©s dâĂȘtre rentables dans la durĂ©e tout en retirant la lucrativitĂ© de lâĂ©quation.
Si ces âgermes de futursâ me plaisent autant, câest parce que cette annĂ©e jâai senti les montĂ©es des extrĂȘmes droites et les glissements autoritaires plus proches que jamais. Et jâobserve que ce mouvement politique, tout comme le backlash Ă©cologique qui lâaccompagne, prospĂšre en partie sur un mĂȘme verrou : le fatalisme Margaret. LâidĂ©e quâil nây aurait pas dâalternative Ă notre systĂšme Ă©conomique. Alors je me dis que si on remet en mouvement lâimaginaire Ă©conomique, vraiment, on pourra desserrer un peu lâĂ©tau politique. Sortir des dĂ©bats nausĂ©abonds. Rouvrir des conversations quâon nâimaginait plus avoir.
En 2026, jâaurai donc une attention particuliĂšre pour ces espaces oĂč lâon osera nommer le capitalisme libĂ©ral, non pas pour trancher, mais pour ouvrir les possibles. Fissurer lâĂ©vidence dâun modĂšle unique. Sans dogme. Sans certitude. Sans envie de tout jeter. Mais avec la libertĂ© de se sĂ©parer de lâobsolĂšte et de lâabsurde pour prĂ©server lâessentiel. Parfois comme un jeu, qui libĂšre et offre une bouffĂ©e dâair. Parfois avec sĂ©rieux, pour se coltiner les enjeux dâune Ă©poque qui sâouvre. Et si en 2026, on faisait se retourner dans sa tombe Margaret ?
đ Vers un nouvel imaginaire de lâengagement : lâessor des contributions micros et sensibles
Par Julie Ezan-Zecca. Elle est prospectiviste au sein du cabinet Eranos et chercheuse en sciences de gestion Ă lâUniversitĂ© Paris-Dauphine PSL. Elle explore le rĂŽle des imaginaires dans la transformation des organisations et des sociĂ©tĂ©s, et travaille Ă outiller celles et ceux qui veulent dĂ©passer les rĂ©cits anxiogĂšnes pour construire des futurs dĂ©sirables et pluriels. Ă travers sa newsletter Le futur Ă l'oeuvre, elle partage idĂ©es, mĂ©thodes et inspirations pour mettre le futur en action ici et maintenant.
Depuis quelques annĂ©es, un phĂ©nomĂšne discret sâinstalle dans nos pratiques sociales : lâessor dâengagements courts, sensibles et hybrides, Ă la frontiĂšre entre action citoyenne, crĂ©ation et participation numĂ©rique. Quelques minutes pour contribuer Ă un projet local depuis son tĂ©lĂ©phone. Un message vocal pour appuyer une cause. Une micro-mission en ligne pour une association. Une co-crĂ©ation artistique Ă©phĂ©mĂšre. Une mobilisation âflashâ coordonnĂ©e par des outils dâIA.
Ces formes dâaction, longtemps perçues comme marginales ou anecdotiques, dessinent en rĂ©alitĂ© une transformation plus profonde avec un nouveau rĂ©gime dâengagement, fragmentĂ© mais intense, adaptĂ© Ă des vies Ă©clatĂ©es, des temporalitĂ©s professionnelles instables et un rapport au collectif qui passe davantage par lâexpĂ©rience que par lâadhĂ©sion durable.
Ă lâhorizon 2026, ces contributions micros ne signalent pas un dĂ©sengagement, mais un dĂ©sir dâagir autrement : plus rapidement, plus librement, selon ses propres rythmes Ă©motionnels et cognitifs. Elles rendent lâengagement plus accessible, notamment pour celles et ceux qui nâont « ni le temps ni la disponibilitĂ© mentale » dâentrer dans des formes dâaction classiques. Elles ouvrent un espace oĂč la sensibilitĂ© compte autant que la compĂ©tence, oĂč lâon peut contribuer sans se dĂ©finir comme militant.
Reste une tension majeure : comment Ă©viter que cette grammaire nouvelle ne produise une archipelisation des causes, rendant plus difficiles les mobilisations longues ? Inversement, lâopportunitĂ© est considĂ©rable car ces engagements micros dessinent un futur oĂč lâaction collective devient plus distribuĂ©e, plus inclusive et plus crĂ©ative, capable de mobiliser rapidement des communautĂ©s fluides autour dâexpĂ©riences qui font sens, mĂȘme briĂšvement. Un futur oĂč lâintensitĂ© prime sans doute sur la durĂ©e.
đ€ 2026 : AnnĂ©e blanche
Par Cécile Poignant, trend forecaster et enseignante. Nature, lecture, thé vert, céramique et chocolat noir sont ses essentiels
Ce matin, dans le métro, que du gris, du noir et du kaki. Pantone désigne pour 2026 un blanc immaculé, une non-couleur, un choix neutre, comme une absence.
Premier constat : une atonie gĂ©nĂ©ralisĂ©e. La mode, les voitures, les intĂ©rieurs âscandinavesâ adoptent une palette neutre, comme si le minimalisme Ă©tait devenu la seule grammaire esthĂ©tique acceptable. La diversitĂ© sâefface au profit dâune sobriĂ©tĂ© aseptisĂ©e.
Pourtant, la couleur existe, mais privatisĂ©e. Les marques la possĂšde: vert Starbucks, orange HermĂšs, bleu Tiffany, rouge Coca Cola, luxe ou mass market, câest la mĂȘme stratĂ©gie. MĂȘme lâartiste Anish Kapoor a obtenu lâexclusivitĂ© du Vantablack, le noir le plus profond. La couleur devient une propriĂ©tĂ©. Ce territoire Ă©motionnel nous est interdit, il est rĂ©servĂ© aux logos et aux Ă©crans sursaturĂ©s.
Une hiĂ©rarchie chromatique sâimpose. Le âbon goĂ»tâ se limite au taupe, au noir, au blanc. Par peur de lâerreur ou par conformisme, nous optons pour la neutralitĂ©, la couleur serait une provocation ou du mauvais goĂ»t.
Et si demain, la rĂ©sistance Ă©tait colorĂ©e? Et si lâaudace chromatique devenait un acte politique, une rĂ©bellion contre lâuniformitĂ© ?
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Si vous souhaitez en savoir plus sur mon mĂ©tier, câest par ici


Great thinkers. Lettre gorgée d'idées et d'espoir. Merci Noémie.